Akutagawa Ryūnosuke (1892-1927) reste un des auteurs les plus connus et les plus appréciés du public japonais. Nombre de ses textes, à l’instar du Fil d’araignée, figurent dans les manuels scolaires, Il a donné son nom à un prix qui est souvent qualifié de « Goncourt japonais ». Le prix Akutagawa (créé en 1935) est à l’image de l’écrivain, car il récompense un auteur encore jeune mais déjà accompli.

Né à Tokyo, adopté à huit mois par l’un de ses oncles car sa mère a sombré dans la folie, Akutagawa grandit dans un milieu où la culture du Japon d’Edo est encore très présente : haiku, peinture de lettrés, théâtre et littérature classiques. Il est dès son jeune âge un lecteur insatiable, et dans ses années de lycée, il se plongera aussi dans la littérature occidentale du XIXe siècle et du début du XXe. Il acquiert ainsi une culture prodigieuse.

Encore étudiant, il publie Le nez en 1916 et accède très vite à la célébrité. Ses textes paraissent dans des revues littéraires et sont ensuite repris dans des recueils. Avec un peu plus de 150 nouvelles, sa production se caractérise par la diversité des thèmes et des époques, ainsi qu’une imagination inépuisable et un style brillant. Il faut y ajouter l’humour, un aspect qu’on laisse souvent de côté pour souligner le côté pathétique de l’écrivain qui s’est suicidé à l’âge de 35 ans.

Plusieurs recueils sont disponibles en français, avec un choix d’œuvres témoignant des différentes veines d’inspiration de l’auteur : les classiques japonais et notamment les Histoires qui sont maintenant du passé (Rashômon, Volupté), l’époque des Barbares du sud où les missionnaires portugais et espagnols introduisent le christianisme au Japon (Le martyr, Le tabac et le diable), l’autobiographie avec le personnage récurrent de Yasukichi, l’alter ego de l’auteur aux prises avec la critique mesquine ou obsédé par la peur de la folie (Extraits du carnet de notes de Yasukichi, Écriture).

   Traductions disponibles en français :

  • Rashômon et autres contes, traduction d’Arimasa Mori, Gallimard / Unesco, 1965
  • La vie d’un idiot et autres nouvelles, traduction d’Edwige de Chavanes, Gallimard / Unesco, 1987
  • La magicienne, traduction d’Elisabeth Suetsugu, Philippe Picquier,  1999
  • Une vague inquiétude, traduction Sylvain Chupin, Éditions du Rocher, 2004
  • Jambes de cheval, traduction Catherine Ancelot, Les Belles Lettres, 2013

Crédit photo : Portraits of Modern Japanese Historical Figures, National Diet Library, Japan