Faux miroir

Le sol était gris. En plastique sans doute, froid. Le ruban jaune indiquait la limite au-delà de laquelle il fallait se déchausser. Des sacs plastique empilés pour emporter ses chaussures. Pas de dénivellement à l’entrée – visiblement, le local n’avait pas été conçu pour l’habitation.

La sirène et les bougies rouges

Toutes les sirènes ne vivaient pas en mer du sud. Certaines résidaient en mer du nord. Les eaux du nord étaient bleues. Une nuit, sur un rocher, se reposait une sirène, observant le paysage autour d’elle.

Le masque

J’ai de l’embonpoint, ce qui fait que les gens ont tendance à me croire doué d’une santé robuste, mais je suis le premier à savoir qu’en dépit de l’impression que je donne, je suis de faible constitution.

Histoire de la découverte, lors d’un été…

Intriguée par une proéminence, la n°1 de la 2nde 1 s’approcha de la haie et découvrit une forme blanche, arrondie. Ce doit être dans ce genre de situation qu’on utilise le mot inopiné ! pensa-t-elle. De grosses gouttes tambourinaient sur son parapluie transparent. Un rythme que la jeune fille adorait. La pluie avait tant inondé la pelouse jonchée d’herbes folles qu’à chaque pas, l’eau émergeait comme d’une plaine marécageuse.
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Petit singe (2e partie)

Le lendemain – c’était un samedi – quand je me suis réveillé, ma femme et ma fille n’étaient pas là ; elles étaient peut-être déjà levées. J’ai regardé l’heure : il n’était pas encore huit heures. À cette heure, d’ordinaire, je suis déjà descendu du train et je me dirige vers mon bureau. Pas un bruit dans la maison.
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Petit singe (1re partie)

Ma femme m’a envoyé un message sur LINE pour me dire qu’elle avait vu un singe. Il y avait une photo en pièce jointe, avec les arbres du jardin et, dans le fond, l’arbre à kaki de la maison des voisins. C’était flou. On ne voyait pas de singe. J’ai d’abord répondu en demandant si tout allait bien.

Jardin des plantes martiennes

Dans le ciel gris, les nuages ressemblaient à la queue d’un poisson suspendu. La rumeur lointaine de la mer répercutait faiblement son écho. La brise marine humectait les herbes éparses sur la colline de terre rouge au sommet de laquelle se dressait la clinique.

Cours, Melos !

Melos vit rouge. Il décida de tout faire pour éliminer ce roi cruel et malfaisant. Melos ne comprenait rien à la politique. C’était un berger de village. Jouer du pipeau et batifoler avec les moutons, voilà de quoi sa vie était faite. Pourtant, il se montrait beaucoup plus sensible à l’injustice que la plupart des gens. Avant l’aube ce jour-là, il avait quitté le village pour se rendre, à travers plaines et montagnes, dans la ville de Syracuse, à dix lieues de distance. Melos n’avait ni père ni mère. Il n’avait pas de femme non plus.
Estampe japonaise

Contes de guerre

15 août 1945 Le Japon avait perdu la guerre, on n’était plus obligé de fuir dans tous les sens sous les attaques des bombardiers lourds ou des chasseurs envolés des porte-avions. Depuis les alentours du vingt de ce mois-là, le black-out était de moins en moins appliqué et, la nuit tombée, la ville s’agrémentait désormais de lumières douces qu’on n’avait pas vues depuis une éternité.
estampe japonaise

Bonne nuit. Fais de beaux rêves.

Si on me demandait de citer un point positif depuis la crise, je dirais qu’il est devenu plus facile de trouver un taxi. Ceux qui n’ont pas idée des difficultés rencontrées par une femme amenée, dans le cadre de son travail, à héler un taxi tard le soir n’apprécient peut-être pas bien à quel point cela relève de la providence.