Estampe japonaise

L’habitant du miroir

À chaque retour de la saison, dans le cœur de Matsubara, quelque chose immanquablement se produisait qui ressemble au passage d’une averse. On aurait dit, aux approches de l’hiver, une de ces brèves ondées tristes qui, soudain, se transforment en cataracte ininterrompue, teignant tout aux couleurs de la mélancolie.
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Goodbye cruel world

Les parents étant sortis chacun de leur côté en fin d’après-midi, nous avons décidé de mettre notre plan à exécution avant que la nuit ne soit trop avancée. J’ai fait entrer @downpour, rencontré juste une heure plus tôt, et on a commencé à farfouiller dans la cuisine pour y chercher quelque chose à se mettre sous la dent en ouvrant tous les placards, on a fait main basse sur du poulet sous vide pour micro-ondes pour calmer notre faim...
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Sur la jetée

Chaque matin, ma toilette soigneusement faite, j’allais, je ne sais trop pourquoi, pêcher sur la jetée. Je m’adonnais à la pêche au point de ne plus penser à rien d’autre. Nous n’étions pas encore en pleine guerre du Pacifique, ni proches de sa fin. Elle venait seulement de commencer.
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Une histoire de boîtes

Cela faisait déjà longtemps qu’on manquait de boîtes. À tel point que s’ils se contentaient d’attendre les distributions officielles, les foyers se retrouvaient dans des situations compliquées. Faute de boîtes pour ranger jouets et vêtements, c’était le bazar dans les logements.
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La Petite Wang

À 5 heures de l’après-midi, la rencontre entre les candidats au mariage commença dans la salle à manger de l’auberge. L’endroit avait beau être vaste, il n’était éclairé que par quelques petites ampoules jetant de-ci de-là une lumière pâle et sans vie ; en plus de la pénombre, il fallait faire avec la présence de toutes ces femmes, quinze pour six Japonais, rien d’étonnant à ce qu’on se sente oppressé.
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Sakurajima #6

Mon quart du matin terminé, à midi, je retournai aux quartiers d’habitation. Durant ma garde, j’avais été réprimandé par l’officier de service, le chef cryptographe Tanagokoro. La transmission d’un message avait tardé. C’était, en plus, un télégramme que nous avions intercepté.
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Sakurajima #5

Sans aucun doute, j’étais irrité. C’était aussi à cause du manque de sommeil prolongé. Cependant, ce n’était pas seulement cela. En un mot, j’étais incapable d’accepter mon sort.
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Maggie tue-les-chats

I. Mon nom est Maggie tue-les-chats. Mais je ne tue pas de chats. Je sais pas pourquoi on m'appelle comme ça. Les noms sont souvent donnés sans raison particulière, alors ça ne me dérange pas.
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Sakurajima #4

La dysenterie faisait rage. Ce jour-là, un soldat cryptographe qui avait cueilli et mangé des poires sauvages, avait été envoyé à l’hôpital de Kirishima avec des soupçons de la maladie. Manger des poires était strictement interdit par les médecins militaires. Après l’avoir laissé à l’infirmerie, j’étais retourné aux quartiers d’habitation pour y prendre mon repas du soir.
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Sakurajima #3

Ainsi commença ma vie à Sakurajima. La journée était divisée en deux périodes de service, et la nuit en trois. De six heures du soir jusqu’à l’heure de l'inspection, il y avait une période qui ne faisait partie ni des quarts de jour ni de ceux de nuit.