Estampe japonaise

NEET

J’étais d’une humeur massacrante, à cause de ma carie du bas, au fond à droite, sans compter le mouron que tu me causais. J'allais et venais devant le miroir pour voir si ma joue n’était pas trop enflée et je n’arrêtais pas de penser à toi. Que tu n’arriverais jamais à rien et qu’il ne fallait pas compter sur toi pour quoi que ce soit, je le savais, ça oui, mais j’ignorais que tu étais dans la gêne à ce point.
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L’habitant du miroir

À chaque retour de la saison, dans le cœur de Matsubara, quelque chose immanquablement se produisait qui ressemble au passage d’une averse. On aurait dit, aux approches de l’hiver, une de ces brèves ondées tristes qui, soudain, se transforment en cataracte ininterrompue, teignant tout aux couleurs de la mélancolie.
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Goodbye cruel world

Les parents étant sortis chacun de leur côté en fin d’après-midi, nous avons décidé de mettre notre plan à exécution avant que la nuit ne soit trop avancée. J’ai fait entrer @downpour, rencontré juste une heure plus tôt, et on a commencé à farfouiller dans la cuisine pour y chercher quelque chose à se mettre sous la dent en ouvrant tous les placards, on a fait main basse sur du poulet sous vide pour micro-ondes pour calmer notre faim...
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Sur la jetée

Chaque matin, ma toilette soigneusement faite, j’allais, je ne sais trop pourquoi, pêcher sur la jetée. Je m’adonnais à la pêche au point de ne plus penser à rien d’autre. Nous n’étions pas encore en pleine guerre du Pacifique, ni proches de sa fin. Elle venait seulement de commencer.
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Sakurajima #9

Une allocution de l’Empereur allant être retransmise à la radio, ce matin avait été donné l’ordre à tous ceux qui n’étaient pas de service de l’écouter. Ayant eu sous les yeux la plupart des télégrammes concernant notre unité, j’étais bien informé de la situation militaire, mais depuis ma venue à Sakurajima, je n’avais ni lu de journaux ni écouté la radio, et j’étais par conséquent coupé du monde extérieur.
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Une histoire de boîtes

Cela faisait déjà longtemps qu’on manquait de boîtes. À tel point que s’ils se contentaient d’attendre les distributions officielles, les foyers se retrouvaient dans des situations compliquées. Faute de boîtes pour ranger jouets et vêtements, c’était le bazar dans les logements.
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Sakurajima #8

Je descendis la colline pour faire ma lessive sous la citerne du port. Il n’y avait pas de nuages et il faisait chaud, mais le vent soufflait sans interruption en provenance du sud-est. Je me dis que mes vêtements allaient sans doute sécher rapidement.
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Sakurajima #7

Lorsque je sortis, mon service de l’après-midi terminé, les nuages embrasés par le soleil couchant étaient clairs dans le ciel. Parmi les soldats venus pour la relève et qui disaient qu’il y avait eu une distribution de bière aujourd’hui, certains avaient les paupières rouges.
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La Petite Wang

À 5 heures de l’après-midi, la rencontre entre les candidats au mariage commença dans la salle à manger de l’auberge. L’endroit avait beau être vaste, il n’était éclairé que par quelques petites ampoules jetant de-ci de-là une lumière pâle et sans vie ; en plus de la pénombre, il fallait faire avec la présence de toutes ces femmes, quinze pour six Japonais, rien d’étonnant à ce qu’on se sente oppressé.
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Sakurajima #6

Mon quart du matin terminé, à midi, je retournai aux quartiers d’habitation. Durant ma garde, j’avais été réprimandé par l’officier de service, le chef cryptographe Tanagokoro. La transmission d’un message avait tardé. C’était, en plus, un télégramme que nous avions intercepté.